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L’IoT au service de la maintenance industrielle
L’IoT au service de la maintenance industrielle
Par Romain Doussau dans actualité Publié 29 juin 2016 0 Commentaire

L’IoT au service de la maintenance industrielle

Le 12 avril dernier, la SNCF a annoncé le déploiement de capteurs tout au long de ses 50 000 kilomètres de voies, dans les 40 000 centres techniques, sur les 2 200 systèmes d’aiguillages, et dans l’ensemble des gares et des rames de son réseau. L’objectif d’une telle opération ? Tout simplement, améliorer sa maintenance. « L’internet industriel va améliorer le service client, en réduisant les pannes, les délais, les retards et les incidents de toute nature, tout en améliorant la compétitivité du train par rapport aux autres modes, car il réduit les coûts de maintenance du matériel et des voies de façon très importante. On parle d’économies de 10, 20 voire 30 % », affirmait Guillaume Pepy, président de la SNCF lors de la conférence de presse.

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Grâce aux capteurs installés dans ses DAB, Wincor Nixdorf propose désormais aux directeurs d’agence bancaire d’avoir une vue directe sur ceux-ci et d’adapter non seulement la maintenance technique et les coupures de billets, mais également la disponibilité des conseillers financiers du secteur.

Son partenaire technique pour l’opération, Ludovic Le Moan, PDG de Sigfox, affirme que le déploiement de ce type de capteurs sur les voies, tous les kilomètres permettra de : « connaître exactement la température des rails et ainsi adapter la vitesse du train. La température des rails représente un octet sur un réseau internet à bas débit. La production de cette information ne coûte pas cher et consomme peu d’énergie ».

Dix fois moins cher qu’une maintenance classique

Autre partenaire, Xavier Lafontan d’Intesens souligne également l’intérêt économique d’une telle opération : « Ces capteurs intelligents reviennent en moyenne 10 fois moins cher qu’un système de maintenance prédictive périodique classique. » La start-up de Garonne travaille également avec ERDF pour surveiller à distance la température, les vibrations et l’intensité du réseau électrique. Les entreprises du secteur public ne sont pas les seules à s’intéresser à la maintenance prévisionnelle, et à multiplier les capteurs pour cela. Outre l’aéronautique, tous les secteurs industriels s’en servent.

Ainsi, GE équipe Total pour la surveillance de ses plates-formes pétrolières, et lui permet d’anticiper 5 à 6 mois à l’avance les arrêts de productions et les défections matérielles. Dans le monde bancaire, les différents constructeurs de distributeurs de billets ou les éditeurs indépendants du domaine (comme KAL ou Auriga) proposent tous des solutions de gestion des DAB à distance. Celles-ci comprennent désormais des alertes en temps réel sur l’état du DAB (vide, en manque d’un type de coupure, avec un problème matériel ou logiciel). Outre la gestion classique auprès des équipes de maintenance centralisées, ces informations sont également remontées en temps réels aux agences du secteur pour adapter leurs comportements vis-à-vis de la clientèle (un directeur peut accélérer le rythme de réapprovisionnement de ses autres DAB, si l’un du secteur est en panne).

Tout est dans les paquets de données

Outre des acteurs spécialisés dans les capteurs intelligents, cette extension de la maintenance prédictive fait également le bonheur d’acteurs issus du monde des télécoms. Ainsi Jim McNiel, Global Chief Strategist de Netscout, spécialisé dans la gestion de la performance réseau affirme qu’aux États-Unis « cinq des principales banques nous utilisent pour surveiller leurs réseaux de DAB ».

Ils travaillent également avec des constructeurs automobiles et des loueurs de véhicules. « Toutes les informations de télémétrie sont transmises des voitures vers une base de données centralisée. Nous surveillons le réseau pour leur permettre d’avoir une vue globale sur leurs flottes. Quasiment tout ce que vous avez besoin de connaître se trouve dans les paquets de données. Nous collectons ces données, les stockons et les horodatons. Une fois les données collectées et triées, les entreprises doivent les analyser. »

Si les éditeurs spécialisés dans l’analytique, comme HP, PTC ou SAP, peuvent alors apporter des outils capables de gérer le temps réel, il reste alors un défi de taille pour le service informatique du client : définir les bons paramètres et les bonnes questions à poser pour adapter cette collecte de données à ses besoins métier. À la croisée entre l’informatique traditionnelle et la production, la maintenance prévisionnelle en temps réel impose de repenser sa façon de travailler.

Source : www.zdnet.fr

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