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Coup d’accélérateur sur les marchés de l’IoT pour les nanocapteurs de Nanolike
Coup d’accélérateur sur les marchés de l’IoT pour les nanocapteurs de Nanolike
Par Romain Doussau dans actualité Publié 19 avril 2017 0 Commentaire

Avec ses nano-capteurs de nouvelle génération, alliant haute performance, miniaturisation et ultra-basse consommation, Nanolike cherche à se positionner sur le marché de l’internet des objets. La start-up toulousaine vient de se rapprocher de l’IoT Valley, à Labège (31), pour sortir de ses marchés de niches.

Premier pari réussi pour Nanolike. La start-up, créée en 2012 par deux jeunes ingénieurs de l’INSA Toulouse, Jean-Jacques Bois et Samuel Béhar, a réussi à industrialiser, à partir d’une technologie de dépôt de nanoparticules issue d’un laboratoire toulousain, le Laboratoire de physique et chimie des Nano Objets (unité mixte CNRS/INSA/Université Paul Sabatier), une nouvelle génération de nano-capteurs. Après plusieurs années de R&D et des premiers marchés de niches, pour l’aéronautique, le spatial et la défense, le process industriel a été stabilisé et l’entreprise est prête pour s’adresser à des marchés de plus grandes séries. Son rapprochement avec l’IoT Valley, à Labège, devrait favoriser une accélération de son positionnement dans l’internet des objets.

DES NANO-CAPTEURS ULTRA-SENSIBLES ET TRÈS PEU CONSOMMATEURS D’ÉNERGIE

Dès sa création, de premières études pour des essais en aéronautique, avec Airbus Helicopters et un premier contrat signé avec la DGA, pour des essais mécaniques sur des missiles, vont permettre à la startup de mettre au point sa technologie et de faire ses preuves. Ses jauges de contraintes calculent les micro déformations de l’ordre du micron. « Nos nano-capteurs apportent une sensibilité au moins 10 fois plus importantes que les technologies concurrentes et consomment jusqu’à 10 000 fois moins d’énergie », insiste Jean-Jacques Bois, le président de Nanolike. Restait à stabiliser ces propriétés avec un process industriel bien maîtrisé. C’est maintenant chose faite.

UN OUTIL INDUSTRIEL ENTIÈREMENT INTÉGRÉ
Etape par étape, la société s’est équipée en quelques années de tous les outils nécessaires pour maîtriser parfaitement l’industrialisation de ses nano-capteurs. Dépôt de nanoparticules organisées en nano-fils sur des disques polymères souples, métallisation, thermocellage, encapsulation, découpe laser et tous les moyens de tests, de caractérisation et de contrôle : plus d’un million d’euros a été investi, pour intégrer l’ensemble des process. Après avoir fait ses premières armes sur des marchés de niches, la start-up cherche maintenant à changer d’échelle. « Nous avons la capacité de produire jusqu’à 200 000 capteurs par an », précise Jean-Jacques Bois.

CAP SUR L’INTERNET DES OBJETS
Pour accompagner cette ambition, Nanolike, actuellement hébergée au sein de la pépinière d’entreprises de Ramonville, dans le Sud-Est toulousain, vient de se rapprocher de la communauté d’entreprises de l’IOT Valley, sur la commune voisine de Labège, pour développer de nouveaux partenariats dans l’Internet des Objets.

La société travaille déjà sur de nombreux projets. Avec Intesens, dans le cadre d’un contrat avec la SNCF, elle met au point une solution de capteurs connectés pour mesurer et surveiller les déformations de ponts de chemins de fer et adapter la vitesse des trains à ces déformations liées à l’environnement (humidité, chaleur…). En outillage connecté, la start-up finalise un système qui va bientôt être proposé en option sur une gamme de riveteuses industrielles pour suivre la qualité du geste de l’opérateur. Pour GRDF, Nanolike travaille sur une preuve de concept pour utiliser ses nano-capteurs pour du suivi de remplissage de bennes de déchets de chantier pour optimiser les tournées de ramassage. Pour un des leaders européens de l’électro-ménager, ses nano-capteurs seront intégrés dans une solution qui va permettre de mesurer les variations de poids sur des étagères de réfrigérateurs. L’idée : alerter le consommateur sur le niveau de ses provisions à l’intérieur de contenants. Plus besoin de soulever la bouteille de lait pour savoir qu’elle est au deux-tiers vide! « Nous sommes sollicités toutes les semaines sur de nouveaux projets », s’enthousiasme Jean-Jacques Bois.

Nanolike emploie actuellement 14 personnes et a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 300 000 euros. La start-up table sur 10 millions d’euros à l’horizon de 2020, avec un effectif porté à une trentaine de salariés.

Source : www.usine-digitale.fr