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Angers le porte étendard français des objets connectés
Angers le porte étendard français des objets connectés
Par Romain Doussau dans actualité Publié 5 juillet 2016 0 Commentaire

Test et intégration : pourquoi Angers est le porte étendard français des objets connectés

Business : Pour s’imposer sur le tout nouveau secteur de l’IoT, la capitale d’Anjou tire deux atouts de sa manche : un tissu local spécialisé dans l’électronique, et une incongruité statistique unique en France. Reportage.

De notre envoyé spécial à Angers. Quand la préfecture du Maine-et-Loire accueille une arrivée d’étape du Tour de France, devinez quels sont les produits locaux exposés au village VIP dressé à deux pas de l’arrivée. Des vélos, oui, mais des vélos connectés ! Un hommage au vainqueur du jour, le britannique Mark Cavendish ? Peut-être, d’autant que son sponsor est Dimension Data, spécialiste du Big Data.

Mais il s’agit surtout d’une spécialité locale. Car longtemps qualifiée de ‘belle endormie’, la capitale de l’Anjou se rêve désormais en cité connectée. Et elle ne manque pas d’atouts pour cela.

L’inauguration l’an passé de la Cité des Objets connectés à Angers concomitamment à l’obtention du label French Tech par la ville ne sont en fait que la pointe visible d’un iceberg constitué d’un écosystème très favorable au développement d’activités numériques. « Angers, il y a 5 ans personne n’en parlait dans le numérique » affirme Reynald Werquin, directeur de l’innovation du groupe local Afone et promoteur de l’association Pavic (pour Plateforme d’Aménagement d’une Ville Intelligente et Connectée). Développer et montrer le savoir faire numérique a donc exigé d’apprendre à « chasser en meute », à la mode anglo-saxonne, en structurant l’offre autours des entreprises et des écoles d’ingénieur (Eseo et Esaip) locales.

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Relocalisation et tissu économique favorable

Il a donc fallu travailler fort pour mettre en avant le potentiel industriel et académique de l’agglomération, en grande partie composé d’entreprises spécialisées dans l’électronique (Eolane ou Lacroix par exemple). Un tissu économique qui a connu de nombreuses défaillances depuis les années 2000 (lire Thomson délocalise en Chine, les employés d’Angers sont inquiets). Mais l’électronique de pointe reste une valeur sûre, en voie de développement, assure t-on ici (un quart de la production électronique française serait réalisée à moins de deux heures de voiture d’Angers).

La relocalisation de la production serait même à la mode, avec comme immense avantage une réactivité forte sur les chaînes d’assemblage, plus forte qu’en Chine nous promet-on. SenseFly, la branche professionnelle du français Parrot, réalise par exemple des drones de précision dans la région.

Passer de l’électronique au numérique, c’est en premier lieu travailler sur les usages. Les usages des administrés (une expérimentation sur les poubelles connectées est prévue), mais aussi des clients. Et c’est très exactement ici que la ville d’Angers joue une autre carte maîtresse, elle aussi historique.

Angers, ville moyenne de la France

Car la population de la ville présente la singularité d’être représentative de la population française. Au point que les acteurs publics et privés testent depuis plus de 20 ans leurs produits et solutions ici, avant de les étendre à l’Hexagone. Les premiers radars routiers ont par exemple été testés dans l’agglomération angevine. De même pour la canette 15cl de Coca-Cola, les Kinder Pingui ou encore les fromages Philadelphia. De là à penser qu’il faut faire de même avec les produits et services numériques, il n’y a donc qu’un pas.

La start-up locale City Panel propose donc aux entreprises de tester leurs stratégies digitales en mettant à leur disposition de cet échantillon si particulier applications mobiles, sites web et appareils connectés. « Si un produit marche à Angers, il marchera partout ! » affirme Reynald Werquin, qui définit le Pavic (40 adhérents à ce jour) comme un outil « d’aiguillage et de bac à sable, une zone d’expérimentation » à destination des entreprises du monde entier. C’est ainsi que le californien Ruckus Wireless va tester ses solutions sans fil à Angers, ou que le japonais Faith essaiera le fameux échantillon angevin pour son offre de musique en ligne en septembre prochain.

Des entreprises qui trouvent donc également sur place un écosystème tout disposé à créer ou améliorer les objets connectés destinés à porter leurs services numériques.

Une pépite sur les bords du Maine ?

« En France, on sait mener à bien de grands projets industriels : automobile, aviation, aérospatiale… Mais les objets connectés ne fonctionnent pas sur la même temporalité. Pour gagner du temps, il fallait casser les murs entre les industriels et les porteurs d’idées. La Cité est un gigantesque accélérateur industriel » assurait à ce propos récemment Eric Carreel, ex-patron de Withings (racheté depuis par Nokia), et véritable figure locale.

Un accélérateur dont à su profiter à fond l’entreprise locale Qowisio. Elle promet une offre packagée IoT aux entreprises, en tirant parti de cette capacité d’intégration. Comme Sigfox ? Comme Lora ? Non. Certes, l’entreprise promet que les villes françaises de plus de 10 000 habitants sont couvertes par son réseau bas débit. Mais là n’est pas véritablement l’enjeu.

« Nous fonctionnons en mode projet avec nos clients » explique David Halopé, directeur marketing opérationnel de Qowisio. « Nous leur proposons des objets connectés dédiés à leur activité et la connectivité. Cela permet d’avoir une visibilité sur l’ensemble des coûts, sans logique hasardeuse d’abonnement ». La jeune entreprise revendique à présent un catalogue de 50 objets connectés (durée de vie de trois ans, soit celle de la batterie) prêts à l’emploi. De quoi créer une pépite sur les bords du Maine ?

Source : www.zdnet.fr

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